Les p'tites anecdotes de La plume : Le château de ma mère


« Le château de ma mère », c’est bien sûr un superbe livre de Marcel Pagnol, une belle ode à l’âge tendre. Second tome de ses « souvenirs d’enfance », c’est une autobiographie romancée si délicieuse à lire.


Dans ce livre, la maman du petit Marcel tremble lorsque sa famille traverse de manière plus ou moins légale de belles propriétés bordées de châteaux. Ils peuvent ainsi raccourcir un long et pénible chemin. Mais c’est au prix d’une inquiétude toujours vive de se faire prendre en flagrant délit, car ils n’ont pas l’autorisation officielle de se trouver sur ces grands domaines.


Moi aussi, j’ai mon « château de ma mère », mais il est lié uniquement à de bons souvenirs, nous n’y avons jamais tremblé !


Certains construisent des châteaux en Espagne, le mien est en Belgique. Il s’agit du château de Rumbeke, petit village près de Roulers.


Roulers (Roeselare en néerlandais) est la ville d’origine de ma maman et de sa famille paternelle. Mes grands-parents ont déménagé à Rumbeke dans les dernières années de leur vie et c’est là qu’ils sont enterrés.


Dans ce village, il y a un château de style flamand, fait de briques rouges et de toits en forme de bulbes.

L’édifice est entouré d’un bois, « le bois-étoile » : au milieu s’y trouve une clairière d’où partent de nombreux chemins, formant une étoile dont le centre est un tronc d’arbre sectionné.


Quand j’étais enfant, j’aimais monter sur le tronc et tourner sur moi-même pour décider par quel chemin nous allions passer pour continuer notre promenade dominicale.


Quand mes grands-parents étaient jeunes, mon grand-père, très sportif, allait courir dans ce bois. Quelquefois, ma grand-mère l’accompagnait à vélo, mais elle avait du mal à le suivre car il courait très vite !


Aujourd’hui, le château sert de lieu d’exposition et un salon de thé jouxte la propriété, où il fait bon se balader ou s’arrêter pour boire un café en terrasse.


Le temps semble s’arrêter à cet endroit, pendant quelques précieuses minutes, lorsque je longe les chemins broussailleux de ce petit bois, je retrouve la sensation d'être une enfant qui court le long de ces allées, insouciante comme je l'étais alors.



Le château de Rumbeke