Les confidences d'un écrivain biographe : comment peut-on s'intéresser à ma petite vie ?
Dernière mise à jour : 25 juil.
Cette phrase, je l’entends souvent. Elle arrive généralement avec un sourire un peu gêné, comme si la personne venait de formuler une idée légèrement déraisonnable. Écrire un livre sur sa vie ? Tout de même. Elle n’a pas traversé l’Atlantique à la nage, dirigé un pays ni découvert un remède révolutionnaire. Elle a seulement vécu… et c’est déjà immense ! Car toutes les vies méritent d’être racontées dans un livre. Pas uniquement celles qui font la une des journaux, remplissent les salles de cinéma ou donnent naissance à des statues. Les vies discrètes, les existences ordinaires, les parcours cabossés, les bonheurs simples et les souvenirs de famille ont eux aussi leur place entre deux couvertures. Il n’existe pas de petite vie. Il existe seulement des histoires que l’on n’a pas encore pris le temps d’écouter.
Toutes les vies méritent d’être racontées dans un livre
Lorsque l’on se compare aux « grands de ce monde », notre quotidien peut sembler bien modeste.
Nous n’avons peut-être jamais prononcé de discours devant une foule. Nous n’avons pas foulé de tapis rouge. Notre nom ne figure pas dans les livres d’histoire.
En revanche, nous avons tous connu notre premier jour d’école, les dimanches en famille, les vacances sous une pluie obstinée, les amitiés perdues de vue et les rencontres qui ont tout changé.
Nous avons aimé, travaillé, douté, espéré, parfois recommencé à zéro.
Nous avons attendu des lettres, conservé des photographies, reconnu une voix au téléphone avant même que la personne ait eu le temps de dire bonjour et nous avons deviné ce que la personne allait nous dire avant même qu’elle n’ait eu le temps de parler.
Nous avons eu peur pour nos enfants. Nous avons ri jusqu’aux larmes autour d’une table. Nous avons vécu des départs, des retrouvailles, des deuils, des naissances et des petits miracles qui n’en avaient pas toujours l’air sur le moment.
Une vie ne se mesure pas au nombre de personnes qui la connaissent. Elle se mesure aux traces qu’elle laisse et nous laissons tous des traces :
· Dans la mémoire de nos proches ;
· Dans les expressions que nos enfants reprennent sans s’en apercevoir ;
· Dans une recette transmise sans jamais avoir été notée ;
· Dans un objet gardé au fond d’une armoire ;
· Dans une façon de consoler, de travailler, de recevoir ou d’aimer…
Écrire son histoire permet de réunir ces traces avant qu’elles ne s’effacent.
Une vie ordinaire n’est jamais une vie sans histoire
Nous avons parfois une vision trompeuse de ce qui mérite d’être raconté.
Pour beaucoup, une biographie doit contenir des aventures extraordinaires, des rebondissements dignes d’un roman ou des révélations qui laisseront toute la famille bouche bée. Pourtant, ce ne sont pas toujours les événements les plus spectaculaires qui touchent le plus les lecteurs.
Une fille peut être profondément émue en découvrant comment son père se rendait à l’école lorsqu’il était enfant. Un petit-fils peut sourire en apprenant que sa grand-mère avait autrefois caché un bulletin scolaire peu glorieux sous une pile de linge. Une famille entière peut redécouvrir l’histoire d’une maison, d’un métier ou d’un village à travers les souvenirs d’un proche.
Ce qui semble banal pour celui qui raconte peut être précieux pour celui qui écoute.
Vous avez peut-être raconté cent fois certaines anecdotes. Vos proches les connaissent par cœur et commencent parfois à sourire avant même la chute. Mais qu’en sera-t-il dans vingt ou trente ans ? Qui se souviendra du prénom de cette voisine qui apportait une tarte le dimanche ? Qui saura pourquoi votre père refusait obstinément de prendre l’autoroute ? Qui pourra raconter l’origine de cette vieille photographie où tout le monde semble sérieux, sauf un enfant qui tire la langue au dernier rang ?
La mémoire familiale est faite de grands événements, bien sûr, mais aussi de détails minuscules. Ce sont souvent eux qui donnent à un récit sa couleur, son parfum et sa vérité.
Raconter sa vie, ce n’est pas se mettre en avant
Certaines personnes hésitent à faire écrire leur biographie par peur de paraître prétentieuses. Elles imaginent déjà les réactions : « Il faut tout de même avoir une haute opinion de soi pour écrire un livre sur sa vie ! »
Cette crainte est compréhensible mais elle est aussi largement infondée.
Raconter sa vie ne signifie pas affirmer qu’elle est plus importante que celle des autres. Cela signifie reconnaître qu’elle a une valeur pour ceux qui nous aiment, pour ceux qui nous suivront et parfois simplement pour nous-mêmes.
Un livre de vie n’est pas un monument élevé à sa propre gloire. C’est un passage de témoin.
On y transmet une époque, une manière de vivre, des valeurs, des choix, des erreurs et des enseignements. On y raconte ce que les générations suivantes ne pourront pas deviner seules.
Comment se chauffait-on dans la maison familiale ? À quoi ressemblait le premier emploi ? Comment rencontrait-on l’amour avant les applications et les messages instantanés ? Que ressentait-on en quittant son village pour aller travailler à Lille, Roubaix, Tourcoing, Arras ou ailleurs ?
Les habitudes qui nous semblent évidentes aujourd’hui deviendront un jour des témoignages d’une autre époque. Votre histoire personnelle fait aussi partie d’une histoire plus vaste. Celle d’une famille, d’un territoire, d’un métier ou d’une génération.
Faire écrire sa biographie, même lorsque l’on ne sait pas écrire
Beaucoup de personnes aimeraient laisser un témoignage, mais ne savent pas par où commencer.
Elles craignent de ne pas écrire assez bien, de manquer de vocabulaire ou de ne pas réussir à organiser leurs souvenirs. Certaines ont rempli quelques cahiers avant de s’arrêter. D’autres ont enregistré des notes sur leur téléphone, accumulé des feuilles volantes ou ouvert un document resté désespérément vide.
La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’être écrivain pour raconter sa vie : c’est justement le travail du biographe.
Vous racontez avec vos mots, votre voix et votre sensibilité. L’écrivain transforme ensuite cette matière orale en un récit structuré, fluide et fidèle à votre personnalité.
Le texte ne doit pas vous donner l’impression de lire l’histoire de quelqu’un d’autre. Vous devez pouvoir vous y reconnaître.
Votre humour, vos expressions et votre regard sur les événements ont leur place dans le livre. L’écriture les met en valeur sans les dénaturer.
Écrire un livre demande de la patience. Être accompagné permet de ne pas rester seul face aux hésitations.

Votre histoire compte déjà pour quelqu’un
Nous cherchons parfois trop loin les raisons de raconter notre vie.
Nous nous demandons si notre parcours intéressera un grand nombre de lecteurs. Mais un livre de famille n’a pas besoin d’être lu par des milliers de personnes pour être précieux. Il suffit parfois d’un lecteur.
Un enfant qui comprend mieux son père, une petite-fille qui découvre la jeunesse de sa grand-mère, un frère qui retrouve un souvenir oublié, un proche qui entend enfin une histoire jamais racontée.
Nous avons tous de l’importance pour quelqu’un.
Et même lorsque nous en doutons, notre absence révèle souvent la place que nous occupions. Ce sont alors nos gestes les plus simples qui manquent : une façon de rire, une phrase répétée, une habitude du dimanche, une recette préparée sans balance ou un coup de téléphone à heure fixe. C’est cette présence quotidienne qu’une biographie peut préserver.
Et si votre « petite vie » devenait un grand cadeau ?
Votre vie ne ressemble probablement à aucune autre.
Même si vous avez vécu dans la même ville que vos voisins, exercé le même métier que plusieurs collègues ou traversé les mêmes événements que toute une génération, vous les avez vécus à votre manière et votre regard est unique.
Votre histoire contient des rencontres, des choix et des émotions que personne ne pourra raconter exactement comme vous. Alors, comment pourrait-on s’intéresser à votre « petite vie » ? Parce qu’elle est la vôtre et parce qu’elle est liée à d’autres vies ou parce qu’elle porte la mémoire d’une famille. Parce qu’un jour, quelqu’un sera heureux de pouvoir encore entendre votre voix au détour d’une page.
Vous vivez dans le Nord de la France ou plus loin et vous souhaitez faire écrire votre biographie, transmettre vos souvenirs ou être accompagné dans l’écriture de votre livre ? Prenons le temps d’en parler. Votre histoire n’a pas besoin d’être extraordinaire pour mériter un livre. Elle a seulement besoin d’être racontée.


