Les p'tites anecdotes de La plume : mes belles baskets dans la boue

Mis à jour : 17 oct. 2019

Les chaussures ont toujours été un point délicat de discussion avec mes parents quand j’étais enfant.


Comme la plupart des gosses, je voulais avoir les dernières chaussures à la mode.

Comme la plupart des parents, les miens voulaient que je marche avec des chaussures de qualité qui allaient préserver ma colonne vertébrale.

Les deux éléments n’allaient pas souvent de pair…


Je me souviens tout de même qu’un jour, j’avais eu le droit de choisir mes chaussures. J'étais ravie : j’avais une belle paire de baskets vertes, avec une semelle jaune (si, si…) et des velcros.

Je les adorais et les portais avec fierté. J’avais environ 7 ou 8 ans.


Le printemps arrivant, nous sommes allés nous promener en famille dans un grand parc, avec des sous-bois.


J’ai bien sûr insisté pour mettre mes nouvelles chaussures…

Je gambadais gaiement le long des allées, jusqu’à ce que – que m’est-il passé par la tête ? – je décide de m’éloigner du chemin pour aller voir au pied des arbres ce qu’il pouvait bien s’y passer.


Bien mal m’en a pris : dès le premier pas, mes pieds se sont enfoncés dans l’humus bien humide, qui s’était transformé en boue.

Un deuxième pas m’a conforté dans l’idée que c’était un mauvais choix.

Un troisième pas m’a permis de ne pas perdre l’équilibre (m’évitant ainsi m’étaler dans la gadoue par la même occasion, mais m’éloignant encore plus du chemin).


J’étais coincée.

Impossible de me dégager : le risque était énorme que mes nouvelles chaussures restent dans la fange, et que je me retrouve à pied de chaussettes dans cette bouillasse fort peu attirante.


Heureusement, mon père me suivait d’assez près. J’étais déjà au bord des larmes (mes belles baskets !), implorant mon géniteur de me sortir de ce mauvais pas.

Le voilà qui arrive, me soulève comme un fétu de paille pour me dégager.

Quel soulagement de constater que mes chaussures me suivent dans un « plop » mouillé qui résonne encore à mes oreilles.


J’étais en pleurs…Mon père m’a portée jusqu’à un tronc d’arbre renversé au bord du chemin. Il a sorti son mouchoir et a patiemment nettoyé (comme il pouvait) mes baskets neuves couvertes de boue.


Mes sanglots commençaient enfin à se tarir, quand un couple de personnes âgées s’est arrêté à notre hauteur pour nous regarder et dire à mon père en souriant « Ah, les enfants… »…


Pour une fois que j’avais eu le droit de choisir mes chaussures…